Depuis le 12 janvier 2026, la France applique pleinement la transposition de la directive européenne 2020/2184, marquant un tournant dans la surveillance de la qualité de l’eau potable. Cette réforme, issue de l’arrêté du 30 décembre 2022, renforce les obligations des acteurs publics et privés en matière de contrôle sanitaire, avec des mesures inédites pour protéger la santé des consommateurs et anticiper les risques liés aux polluants émergents.
La surveillance de certaines substances s’élargie et devient plus stricte, désormais, les analyses devront inclure :
- 20 molécules de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), connues pour leur persistance dans l’environnement et leurs effets potentiels sur la santé.
- Le bisphénol A, les microcystines (toxines produites par certaines algues), les chlorates et les acides haloacétiques (AHA).
- Une vigilance accrue sur les contaminants émergents, tels que les perturbateurs endocriniens, les microplastiques ou les résidus médicamenteux.
Les matériaux en contact avec l’eau tels que les robinets, les tuyauteries sont eux aussi désormais plus encadrés. Les attestations de conformité sanitaire (ACS) devront être mises à jour progressivement, avec un délai de transition jusqu’en 2032 pour certains équipements.
Conjointement, des contrôles plus fréquents sont attendus. Les exploitants devront adapter leurs protocoles de prélèvement, avec des fréquences revues à la hausse pour certains paramètres. L’objectif : détecter plus rapidement toute dégradation de la qualité de l’eau et agir en conséquence.
De plus, les acteurs de la chaîne de l’eau – des captages jusqu’au robinet du consommateur – doivent mettre en place un Plan de Gestion de la Sécurité Sanitaire de l’Eau (PGSSE). Cette démarche systématique vise à :
- Identifier et maîtriser les risques à chaque étape (ressource, traitement, stockage, distribution)
- Garantir une eau potable sûre, en anticipant les menaces liées aux polluants ou aux défaillances techniques.
Les exploitants et les collectivités ont désormais l’obligation de se mettre en conformité avec ces nouvelles règles. Des accompagnements et des guides pratiques sont progressivement mis à disposition pour faciliter cette transition, notamment par les agences régionales de santé (ARS) et les fédérations professionnelles.
Contacts

Chloé MIGAYRON
Animatrice du projet AQUARHESE

Viviane MASSACRIER
Chargée d'opérations AQUARHESE